Publié le 25/01/2018
Synopsis :
Le froid me fait courber l'échine. J'avance vite, pourtant la côte est rude. Mon cœur s'accélère. Ma respiration aussi. Il fait nuit. Seuls les réverbères éclairent la rue d'une faible lueur. Et je les observe. Blanches, rouges ou jaunes, les lumières semblent frémir au rythme de ma marche. La rue se teinte de nombreuses couleurs, due aux reflets qu'enfantent ces balises nocturnes. Alors, baladant mon regard ça et là, j'assiste à un véritable ballet.
Note d'intention :
L'accident est une chose d'inattendue, que l'on ne peut prévoir. Ainsi, c'est sur cette base que j'ai décidé de tourner mon film de manière expérimentale.
Très attiré par la nuit et ses ambiances, je me suis plongé dans cet univers. Les lumières urbaines m'ont toujours interpellé, car elles estompent la laideur des bâtiments gris. Et avec les éclairages nocturnes, c'est de nouveaux espaces que nous découvrons. De nouvelles perceptions. Ombres et lumières se mêlent dans un combat perpétuel. C'est une beauté artificielle. J'aime souvent y prêter attention, car la nuit permet de peindre les choses de manière nuancée. Avec les ombres, les éclairages et leur couleurs, nous avons a faire à un véritable tableau. Aussi, l'étrangeté de la nuit fait naître des sensations qui découlent de la perception visuelle et que l'on retrouve au sein du film.
Caméra au bout de mon bras, je vais tourner un unique plan séquence, en zoomant (en avant) au maximum, pour obtenir un grain à l'image qui fera ressortir une certaine texture. De plus, zoomer permet une imprécision, un hasard concernant les choses filmées. Les mouvements de caméra seront alors présents mais de manière imprécise. Ici, l'accident est le film dans son intégralité. Je ne peux en effet pas prévoir les choses que je vais croiser. Et je ne sais pas non plus quand est-ce que j'arrêterais de tourner. Tout se fait dans l'instant présent. Je ne suis pas maître de mon film, c'est l'extérieur qui va le construire. Aussi, je ne contrôle pas ce qui arrive. L'accident se mêle ici à la notion de hasard. Je compte laisser le film brut, c'est à dire que je ne modifierai pas ce dernier. Ainsi, quoi qu'il arrive pendant le tournage, je laisserai le film tel quel.
Une fois le film tourné, je mettrai une bande sonore qui sera composée d'un enregistrement de notes de guitare aigües désaccordées, qui mettrons en relation l'étrangeté graphique de l'image et l'ambiance angoissante du film. Chaque note sera jouée de manière instantanée, à l'image, en fonction des lumières qui surgiront à l'écran. Ici, la volonté de rajouter une bande sonore musicale, fait écho au synopsis dans lequel la notion de ballet est mentionnée. Il me semble alors important de mêler le visuel, le mouvement et l'audible.
Le film est donc un parcours, un cheminement hasardeux de nuit. Une avancée imagée, où la matière rencontre le matériel au travers d'un regard subjectif. Ici, nous sommes à mi-chemin entre la pensée interne et la réalité.